Différences et traitements : Eczéma et Urticaire
Mise à jour le , validé par la direction médicale.
Plaques rouges, démangeaisons, irritations… quand ce problème de peau apparaît, on pense vite à l’eczéma ou à l’urticaire et on peut trop vite les confondre. Pourtant, ces dermatoses n’ont ni les mêmes causes, ni les mêmes traitements. Et c’est justement ce qui rend la consultation médicale si importante pour différencier urticaire et eczéma car un bon diagnostic permet un bon traitement.
Alors, comment savoir s’il s’agit d’un eczéma ou d’une urticaire ? Quels sont les signes qui permettent de faire la différence ? Comment faire pour soulager rapidement les symptômes ?
On fait le point avec nos experts.
Comprendre l'eczéma et l'urticaire
À première vue, eczéma et urticaire se ressemblent beaucoup : la peau rougit, gratte à cause du prurit jusqu’au point, parfois, d’empêcher de dormir. Alors, comment différencier urticaire et eczéma ? Voici quelques repères utiles.
Symptômes et manifestations
D’abord, sachez qu’il existe plusieurs formes d’eczéma : atopique, de contact, sec, dyshidrosique… Toutes ont en commun une peau irritée, sèche, qui gratte beaucoup, parfois avec de petites cloques qui suintent avant de laisser des croûtes. Ces symptômes d’eczéma durent plusieurs jours, s’installent par poussées et font de l’’eczéma une maladie souvent chronique.
Les zones touchées varient selon l’âge et la forme, mais globalement, les plis de flexion (coude, genou…) font partie des zones où l’eczéma est le plus fréquent. Et quand il touche le visage, on parle d’eczéma au visage.
Pour l’ eczéma de contact, c’est un peu particulier : il apparaît toujours à l’endroit précis où la peau a touché une substance irritante ou allergène(1), comme un bijou en nickel ou une substance chimique (parfum, caoutchouc…). Les rougeurs et démangeaisons peuvent, au départ, faire penser à de l’urticaire. Mais, en fait, l’eczéma reste et évolue en plaques sèches ou croûteuses.
Quant à l’urticaire, c’est une dermatose plutôt fréquente puisque près d’1 personne sur 4 en fera l’expérience au moins une fois dans sa vie(2,3). Elle se manifeste par des plaques rouges ou rosées, en relief, qui démangent intensément et ressemblent à des piqûres d’ortie (d’ailleurs, c’est de là que vient son nom). Ces plaques apparaissent soudainement, disparaissent en moins de 24 heures et peuvent réapparaître ailleurs, sans laisser de cicatrice : c’est ce caractère fugace qui permet le plus de différencier urticaire et eczéma. Le centre des plaques d’urticaire est parfois plus clair, entouré d’une auréole rouge(3).
L’urticaire peut être superficielle, limitée à la peau, ou plus profonde : c’est ce qu’on appelle l’angio-œdème, qui provoque alors un gonflement marqué du visage, des lèvres ou des paupières(2). Quand les crises se répètent plus de 6 semaines, on parle alors d’urticaire chronique (0,5 à 1% de la population mondiale(4)).
Causes et facteurs déclenchants
L’eczéma (ou dermatite) est lié à une peau fragile qui ne joue plus bien son rôle de barrière. Résultat : des substances, comme les allergènes, les microbes, certains produits irritants…, pénètrent alors plus facilement et déclenchent une inflammation. Les facteurs environnementaux expliquent d’ailleurs jusqu’à 59 % des cas d’eczéma des mains, notamment à cause des produits ménagers, des lavages répétés ou de certaines expositions professionnelles(5) (métiers dans l’esthétique, la santé, le bâtiment, le nettoyage, la coiffure…).
L’eczéma peut être favorisé par :
- un terrain héréditaire (si un parent est allergique ou asthmatique, le risque d’avoir une peau fragile et/ou un terrain atopique est plus important).
- des allergènes comme le pollen, les acariens ou les poils d’animaux.
- des produits agressifs (savons trop forts, lessives parfumées).
- eczema et stress ou fatigue sont liés : ils peuvent déclencher ou aggraver une poussée.
L’urticaire, lui, est directement lié à la libération d’une molécule appelée histamine(2). Quand les mastocytes (des cellules présentes dans la peau) s’activent, ils relâchent cette substance qui provoque instantanément les rougeurs, les démangeaisons et les gonflements typiques de l’urticaire.
Cette réaction peut avoir plusieurs causes(3) :
- une allergie (à un aliment, un médicament, une piqûre d’insecte…),
- une infection virale,
- des facteurs physiques (chaleur, froid, soleil, pression sur la peau),
- certains médicaments…
Dans l’urticaire chronique, qui dure plus de 6 semaines, il arrive qu’aucune cause claire ne soit trouvée : on parle alors d’urticaire idiopathique. Dans près de la moitié des cas, il s’agit en réalité d’une forme auto-immune (2) : cela veut dire que le système immunitaire s’attaque lui-même et provoque cette libération d’histamine.
Dans les deux cas néanmoins, c’est l’inflammation qui est au cœur du problème (2) : elle explique les rougeurs, les démangeaisons et les lésions cutanées.
Et que ce soit pour l’eczéma ou l’urticaire, la peau peut réagir à différents facteurs du quotidien comme la pollution, le stress ou encore l’utilisation de produits de toilette trop agressifs. Donc une routine de soin adaptée pour protéger sa peau est un point de départ essentiel !
Diagnostic et différenciation
À première vue, l’eczéma et l’urticaire se ressemblent : la peau rougit, démange au point de rendre fou… et pourtant, ce ne sont pas les mêmes maladies. Un diagnostic médical est donc indispensable pour bien différencier urticaire et eczéma.
Prenons l’eczéma de contact : il apparaît toujours là où la peau a touché la substance irritante ou l’allergène. Un bracelet en nickel, un parfum trop fort, un produit ménager agressif… et quelques heures plus tard, la peau s’enflamme. Les lésions sont rouges, sèches, parfois suintantes et restent visibles plusieurs jours. Tant que la cause est là, l’eczéma ne part pas.
L’urticaire allergique, c’est une autre histoire. Ici, la réaction est rapide et fugace : des plaques rouges et gonflées surgissent en quelques minutes, démangent intensément, puis disparaissent en moins de 24H… avant de réapparaître ailleurs.
Bien sûr, seul un professionnel de santé peut trancher avec certitude(3). Pour établir le bon diagnostic :
- Il observe la peau et les symptômes cliniques.
- Il pose des questions, cherche des indices dans le mode de vie, l’alimentation, les antécédents…
- Il réalise des tests complémentaires si besoin pour différencier urticaire et eczéma : patch-tests pour confirmer un eczéma de contact(6), bilan sanguin ou tests cutanés pour explorer une piste allergique(3).
Traitements et recommandations
Quand la peau gratte, brûle ou se couvre de plaques, on cherche d’abord un soulagement immédiat. Mais selon qu’il s’agit d’eczéma ou d’urticaire, la réponse ne sera pas la même.
Traitements à long terme et à court terme
Que ce soit l’eczéma ou l’urticaire, le premier réflexe est toujours d’éliminer la cause quand on la connaît, puis d’apaiser la peau avec le bon traitement.
Face à des symptomes d’eczéma :
- À court terme :
- Retirer immédiatement l’allergène suspecté (bijou, parfum, produit ménager…) pour ne plus qu’il soit en contact avec la peau.
- Nettoyer la zone en douceur sans frotter.
- Appliquer la crème prescrite (dermocorticoïde) par le médecin pour calmer l’inflammation(6).
- Hydrater ensuite régulièrement la peau avec un émollient adapté aux peaux fragiles, sèches ou à tendance atopique(6).
- À long terme :
- Consulter un allergologue pour identifier l’allergène.
- Hydrater la peau tous les jours avec une crème émolliente adaptée aux peaux à tendance atopique(6).
- Choisir des cosmétiques simples, sans parfum, sans allergènes connus.
- Privilégier des vêtements doux (coton), éviter la laine et les tissus irritants. Penser notamment aux gestes de prévention(6) comme celui de protéger ses mains avec des gants adaptés pour les tâches ménagères ou professionnelles selon le contexte.
Pour traiter l’urticaire :
- À court terme :
- Éviter le déclencheur(3) une fois qu’il est identifié (aliment, médicament, piqûre…).
- Prendre rapidement un antihistaminique(3) dit de deuxième génération, qui soulage les démangeaisons sans endormir.
- Porter des vêtements amples, appliquer une compresse fraîche.
- Consulter en urgence si le visage gonfle ou si la respiration est difficile.
- À long terme :
- Tenir un carnet des crises pour repérer les déclencheurs.
- Éviter les facteurs aggravants connus : chaleur, froid, soleil selon sa sensibilité.
- Avoir toujours un antihistaminique à portée de main si les crises sont fréquentes. Pour les personnes qui souffrent d’urticaire chronique (plus de 6 semaines), le médecin pourra recommander une prise régulière d’antihistaminiques à dose adaptée et un suivi spécialisé pouvant aller jusqu’à des traitements plus forts en cas de résistance.
Recommandations pour soulager les symptômes
Quand ça gratte, on n’a qu’une envie : que ça s’arrête. Mais entre eczéma et urticaire, les gestes pour se soulager ne sont pas tout à fait les mêmes.
Avec l’eczéma, c’est surtout une affaire de régularité. Les dermatologues insistent : « une crème émolliente appliquée chaque jour est la meilleure façon de protéger la peau et de prévenir les poussées »(6). Quand les démangeaisons deviennent insupportables, mieux vaut poser une compresse froide que de gratter, au risque d’infecter la peau. Et dans le quotidien, chaque détail compte : une douche tiède au lieu d’un bain chaud, des vêtements en coton plutôt qu’en laine, des ongles courts pour éviter les plaies la nuit. Ces petits gestes répétés, validés par les recommandations médicales, font une vraie différence pour calmer l’eczéma.
L’urticaire, c’est un autre scénario : une crise arrive comme une vague rouge et qui démange intensément, puis qui repart parfois aussi vite. Ici, le traitement de référence reste l’antihistaminique oral(3), prescrit par le médecin pour stopper rapidement l’effet de l’histamine. Et en attendant que le médicament agisse, quelques gestes aident à soulager la crise : porter des vêtements amples, appliquer une compresse fraîche, éviter la chaleur qui accentue les démangeaisons. Et surtout, repérer les déclencheurs : aliment, médicament, piqûre, stress… Enfin, il y a un signal d’alerte à ne pas ignorer : si le visage gonfle ou si la respiration devient difficile, il faut consulter en urgence.
Rôle de l'alimentation et du stress
Pour l’eczéma, sauf dans des situations particulières comme chez certains bébés allergiques au lait, aux œufs ou à l’arachide, ce que l’on mange n’est pas à l’origine directe de la maladie. Inutile donc de s’imposer un régime strict sans avis médical.
Pour l’urticaire, en revanche, certains aliments ou boissons peuvent déclencher une crise : fruits de mer, fraises, plats très riches en histamine comme les fromages fermentés ou la charcuterie, mais aussi l’alcool ou certains médicaments. Tenir un petit carnet alimentaire permet souvent de repérer ses propres déclencheurs et d’éviter les mauvaises surprises.
Le stress joue lui aussi un rôle non négligeable. Il n’est pas la cause directe de l’eczéma ou de l’urticaire, mais il fragilise le système immunitaire et perturbe le sommeil, et c’est ce qui rend la peau plus vulnérable. La bonne nouvelle, c’est qu’apprendre à mieux gérer son stress, en dormant suffisamment, en pratiquant une activité douce comme la marche, le yoga ou la respiration, peut réellement réduire la fréquence et l’intensité des poussées.
Sources :
(1) Mahler V, Dickel H. Wichtigste Kontaktallergene beim Handekzem [Most important contact allergens in hand eczema]. Hautarzt. 2019 Oct;70(10):778-789. German. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31506756/
(2) Nosbaum A, Augey F, Nicolas JF, Bérard F. Physiopathologie de l'urticaire [Pathophysiology of urticaria]. Ann Dermatol Venereol. 2014 Nov;141 Suppl 3:S559-64. French. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25539676/
(3) Ben-Shoshan M, Kanani A, Kalicinsky C, Watson W. Urticaria. Allergy Asthma Clin Immunol. 2024 Dec 9;20(Suppl 3):64. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39654029/
(4) Mustari AP, Bishnoi A, Kumaran MS. Biologicals in Treatment of Chronic Urticaria: A Narrative Review. Indian Dermatol Online J. 2022 Dec 14;14(1):9-20. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36776192/
(5) Thyssen JP, Schuttelaar MLA, Alfonso JH, Andersen KE, Angelova-Fischer I, Arents BWM, Bauer A, Brans R, Cannavo A, Christoffers WA, Crépy MN, Elsner P, Fartasch M, Filon FL, Giménez-Arnau AM, Gonçalo M, Guzmán-Perera MG, Hamann CR, Hoetzenecker W, Johansen JD, John SM, Kunkeler ACM, Hadzavdic SL, Molin S, Nixon R, Oosterhaven JAF, Rustemeyer T, Serra-Baldrich E, Shah M, Simon D, Skudlik C, Spiewak R, Valiukevičienė S, Voorberg AN, Weisshaar E, Agner T. Guidelines for diagnosis, prevention, and treatment of hand eczema. Contact Dermatitis. 2022 May;86(5):357-378. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34971008/
(6) Thyssen JP, Schuttelaar MLA, Alfonso JH, Andersen KE, Angelova-Fischer I, Arents BWM, Bauer A, Brans R, Cannavo A, Christoffers WA, Crépy MN, Elsner P, Fartasch M, Filon FL, Giménez-Arnau AM, Gonçalo M, Guzmán-Perera MG, Hamann CR, Hoetzenecker W, Johansen JD, John SM, Kunkeler ACM, Hadzavdic SL, Molin S, Nixon R, Oosterhaven JAF, Rustemeyer T, Serra-Baldrich E, Shah M, Simon D, Skudlik C, Spiewak R, Valiukevičienė S, Voorberg AN, Weisshaar E, Agner T. Guidelines for diagnosis, prevention, and treatment of hand eczema. Contact Dermatitis. 2022 May;86(5):357-378. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34971008/
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